Geoffrey Fox

Reflections & Inquiries

Witness of disruption

2019.06.24

L'éducation sentimentaleL’éducation sentimentale by Gustave Flaubert
My rating: 4 of 5 stars

[My delight in this book came from the beauty of Flaubert’s descriptions and phrasing and also his acute observations of the  turmoil preceding, during and following the great social revolution of 1848 in France, especially Paris. This despite the ridiculous, comical passivity of his protagonist and, of course, my serious reservations regarding Flaubert’s haughty and distanced view of that social struggle. Understanding the revolution of 1848 is essential for understanding the even bloodier conflict over the Commune of 1871, the setting of my most recent novel.]

J’ai beaucoup aimé ce livre, malgré ou peut-être à cause du destin ridicule de son protagoniste, Frédéric Moreaux, un jeune homme dont la seule ambition est de vivre comme les gens les plus riches et de se vanter d’avoir une maîtresse belle et riche . Cet “homme de toutes les faiblesses” est un très bon témoin des coutumes, le préjugés et les grands conflits de classe en France, et surtout à Paris, avant, pendant et après la revolution de 1848.
J’ai recopié dans mon cahier beaucoup de passages, pour la beauté de leur expression et le rhythme de la langue, et aussi pour l’ironie aigüe des observations sociales. Voici un exemple : Frédéric, passivement, s’est présenté comme candidat du nouveau gouvernement depuis la déchéance du roi Louis Philippe, et pour ça il doit …

« …se soumettre aux idées régnantes.
« Les uns désiraient l’Empire, d’autres les Orléans [l’ancienne ligne royale], d’autres le comte de Chambord : mais tous s’accordaient sur l’urgence de la décentralisation, et plusieurs moyens étaient proposés, tels que ceux-ci : couper Paris en une foule de grandes rues afin d’y rétablir des villages, transférer à Versailles le siège du gouvernement, mettre à Bourges les écoles [ville connue pour sa vocation militaire], supprimer les bibliothèques, confier tout aux généraux de division ; — et on exaltait les campagnes, l’homme illettré ayant naturellement plus de sens que les autres ! … »

Tout ça a été publié en 1869, juste avant la guerre contre la Prusse, le transfert du gouvernement défait à Versailles et la guerre contre la Commune de Paris qui visait, entre autres fins, à éradiquer l’éducation libre et laïque que la Commune venait de commencer réaliser.

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