Geoffrey Fox

Reflections & Inquiries

La Commune de Paris par une qui l’a vécu

2020.07.20

C'est la nuit surtout que le combat devient furieuxC’est la nuit surtout que le combat devient furieux by Alix Payen
My rating: 5 of 5 stars

[I intended to post this review on the French book site Babelio, but haven’t yet managed their tricky requirements. Meanwhile, I’m placing it here. In brief, this little book is a collection of letters written to her family by a young woman serving as nurse in field hospitals in the defense of the Paris Commune against the ferocious attacks from the French government in Versailles in the spring of 1871. Her letters were not meant for publication and thus are very frank and intimate; they had never before been published in such a complete and carefully edited form as presented by Michèle Audin — a unique and powerful testimony of what that war was like.]

Il existent très peu de témoignages directs de la Commune de Paris écrits sous le feu. Alix Payen était une très jeune ambulancière, c’est-à-dire infirmière dans une “ambulance”, ce que nous appellerions aujourd’hui un petit poste médical mobile, lors des combats (comme elle disait) “plus furieux” contre l’armée de Versailles qui lançait obus et attaquait de toutes ses forces les gardes nationaux et les citoyens ordinaires qui ont défendu les villages en dehors de la ville et les murs de Paris. Elle venait d’une famille bourgeoise mais “progressiste”, comme on disait alors, lecteurs (de romans de Hugo, par exemple, et de Fourier) et républicains, qui s’étaient offerts à ce service si dangereux par amour pour la cause de la Commune et d’être aux côtés de son mari, un jeune sergent de la garde nationale. Dans les brefs moments de calme, Alix a écrit des lettres à ses pères et à son frère, également combattant de la Garde nationale, où elle a décrit ses expériences, ses conversations avec ses camarades lutteurs et d’autres, et les conditions terribles de ces petits «ambulances» qui manquait souvent de médicaments, ou d’un chirurgien, et qui souffrait de terribles attaques des Versailles.
Alix a survécu aux combats et à la “semaine sanglante”, mais pas son mari. Elle n’avait jamais pensé à publier ces lettres si intimes et vivantes, et les éditions précédentes de, entre autres, son frère qui a également survécu, étaient incomplètes et pleines d’erreurs. Michèle Audin, avec l’aide de l’arrière-petite-nièce d’Alix, a pu voir et photographier les lettres originales. Ce sont un témoignage magnifique et unique de quelques instants qui ont changé notre monde.

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